En Belgique : les médicaments en vente libre vont-ils sortir du monopole pharmaceutique ?

En France, les pharmaciens font face à une nouvelle offensive de E.Leclerc, qui cherche à obtenir l’autorisation de vendre des autotests dans ses hypermarchés. Pendant ce temps, en Belgique, un conflit similaire oppose les pharmaciens à une chaîne de grande distribution bien connue.

Kruidvat, enseigne spécialisée dans les produits de parapharmacie, d’hygiène, ainsi que des jouets et autres articles divers, mène une bataille pour vendre des médicaments en vente libre dans ses 300 magasins belges. Actuellement, la loi belge, tout comme la loi française, réserve cette vente exclusive aux pharmaciens. Bert Verhoef, directeur général de Kruidvat Belgique, soutient qu’un changement législatif permettrait aux patients d’acheter des médicaments sans ordonnance à des prix beaucoup plus compétitifs. Il souligne que le paracétamol, par exemple, coûte jusqu’à cinq fois plus cher en Belgique qu’aux Pays-Bas, où il est également vendu en drogueries.

Pour appuyer sa demande, Kruidvat a commandé un sondage à l’institut Ipsos I & O, révélant que la moitié des Belges souhaite que les médicaments sans ordonnance soient disponibles en dehors des pharmacies, et 67 % jugent ces médicaments trop chers dans leur pays. Huit Belges sur dix souhaitent des mesures gouvernementales pour rendre ces médicaments plus abordables.

Bert Verhoef argue qu’une ouverture du marché réduirait considérablement les prix des médicaments en Belgique, rendant les soins de santé plus accessibles, surtout en période d’inflation. Il affirme également que le personnel de Kruidvat est capable de conseiller les clients et de les orienter vers un médecin si nécessaire.

L’Association pharmaceutique belge (APB), fermement opposée à cette idée, insiste sur l’importance de maintenir les médicaments hors de portée des non-professionnels de santé. Nicolas Echement, porte-parole de l’APB, a rappelé que les médicaments ne doivent pas être traités comme des produits de consommation courante.

Si les autorités belges n’ont pas encore pris de décision, une éventuelle autorisation de vente de médicaments OTC dans les grandes surfaces belges pourrait affecter les pharmaciens français près de la frontière, incitant leurs patients à acheter des médicaments en Belgique où les prix seraient plus compétitifs. Une victoire de Kruidvat pourrait également encourager les grandes enseignes françaises à renouveler leurs demandes similaires.